Concepts et outils de la thérapie ACT
La thérapie d’acceptation et d’engagement s’appuie sur plusieurs notions pour comprendre la manière dont nos comportements deviennent plus souples ou, au contraire, plus rigides. Ces concepts ne sont pas des processus fondamentaux supplémentaires : ils décrivent l’objectif général de l’ACT, ses mécanismes de difficulté, son cadre théorique et ses outils pratiques.
Les six processus fondamentaux de l’ACT disposent désormais de leur propre rubrique.
L’objectif central
La flexibilité psychologique
La flexibilité psychologique est la capacité à rester en contact avec l’expérience présente et à adapter son comportement au service de ce qui compte. Elle permet de poursuivre une action importante même lorsque des pensées, des émotions ou des sensations difficiles apparaissent.
Elle ne consiste pas à toujours se sentir bien ou à s’adapter passivement à toutes les situations. Elle désigne plutôt la possibilité de modifier sa réponse lorsque les habitudes automatiques ne sont plus utiles.
Les mécanismes de la rigidité psychologique
La fusion cognitive
La fusion cognitive apparaît lorsque les pensées dominent l’expérience et le comportement. Une anticipation, un souvenir ou un jugement est alors traité comme une représentation exacte de la réalité plutôt que comme une production de l’esprit.
Une pensée telle que « Je ne vais pas y arriver » peut ainsi conduire à l’abandon d’une action réalisable. Le problème ne réside pas nécessairement dans la présence de cette pensée, mais dans le pouvoir qu’elle exerce sur la conduite.
L’évitement expérientiel
L’évitement expérientiel désigne les tentatives visant à fuir, supprimer ou contrôler des pensées, des émotions et des sensations indésirables. Ces stratégies peuvent apporter un soulagement immédiat et sont parfois utiles.
Elles deviennent limitantes lorsqu’elles se généralisent et éloignent progressivement la personne de ce qui compte. Éviter systématiquement toute situation anxiogène peut, par exemple, réduire l’anxiété à court terme tout en rétrécissant la vie sociale ou professionnelle.
Le cadre théorique
Le contextualisme fonctionnel
Le contextualisme fonctionnel s’intéresse à la fonction d’un comportement dans une situation donnée. Une pensée, une émotion ou une action n’est pas considérée comme utile ou nuisible par nature : son effet dépend du contexte et des conséquences qu’elle produit.
Une même action peut ainsi servir des fonctions différentes. Faire du sport peut exprimer le soin de sa santé, permettre un moment de plaisir ou devenir une manière rigide de fuir toute émotion difficile. Comprendre la fonction évite de juger un comportement uniquement d’après son apparence.
Les outils pratiques
La matrice ACT
La matrice ACT est un outil visuel d’analyse fonctionnelle. Elle aide à distinguer l’expérience intérieure des comportements observables, puis les mouvements d’éloignement de l’inconfort des mouvements d’approche vers ce qui compte.
Elle ne sert pas à classer les comportements en bons ou mauvais. Elle permet de remarquer leur fonction et de choisir plus consciemment une direction.
L’écoute émotionnelle passive
L’écoute émotionnelle passive est une pratique d’observation descriptive. Elle consiste à reconnaître une émotion, à remarquer ses manifestations corporelles et à distinguer l’impulsion ressentie de l’action qui sera finalement choisie.
Cette pratique mobilise notamment la pleine conscience, l’acceptation et la défusion. Elle constitue un exercice transversal, et non un septième processus fondamental de l’ACT.
L’essentiel à retenir
Les concepts et les outils donnent des repères pour comprendre le fonctionnement psychologique. Les six processus indiquent différentes manières de développer la flexibilité, tandis que les notions de fusion et d’évitement éclairent les moments où cette souplesse se réduit.
Ces éléments appartiennent au même modèle, mais ils ne jouent pas le même rôle. Les distinguer rend l’ACT plus claire et évite de présenter tous ses concepts comme une liste unique de principes.